HISTOIRE 3 - LES ÉCHELLES DE GOUVERNEMENT DANS LE MONDE
L3 - L’échelle mondiale : la gouvernance économique mondiale depuis 1975

Introduction
Cerner : Pour stabiliser l’économie mondiale au lendemain de la Seconde guerre mondiale les États-Unis mettent en place des organisations internationales. Cet encadrement s’effondre dans les années 1970 posant depuis lors la question d’une forme de gouvernance économique mondiale
Problématiser : QUELS MOYENS SONT MIS EN PLACE POUR RÉGULER L’ÉCONOMIE MONDIALE ?
Annoncer le plan :

I. Les difficultés de la coopération économique mondiale 1971-1991

1. La multiplication des crises
L’instabilité monétaire. Le retrait unilatéral des États-Unis du système monétaire international cause le flottement des monnaies, càd fluctuent selon l’offre et de la demande.
Les chocs pétroliers. Le premier en 1973 multiplie le prix du baril par quatre (de 3 à 12 dollars) ; avec le second choc pétrolier de 1979, il atteint les 40 dollars.
La fin des « Trente Glorieuses » au Nord. Les pays industrialisés entrent en crise : l’inflation s’accélère (10% par an), les balances commerciales deviennent déficitaires, le chômage explose et la croissance ralentit.

2. Une coopération économique remise en cause dans les années 70
L’hégémonie du Nord. Les grandes puissances économiques mondiales créent le G6-G7 en 1975-1976 pour coordonner leurs politiques nationales, sortir de la crise et améliorer l’action des organismes internationaux. Mais il est accusé de vouloir gérer seul l’économie mondiale par la « diplomatie de club » et d’imposer le néolibéralisme. Initié par le Royaume-Uni et les États-Unis dans les années 1980, il apparaît cependant comme une solution à la crise. L’État se désengage (privatisations, réductions d’impôts et dérégulation financière) et la croissance économique reprend (au prix de l’État-Providence).
L’éclatement du Sud. En 1974 les PED du G77 prônent un Nouvel Ordre Économique International (NOEI) contre la domination économique du Nord et souhaite un rééquilibrage des échanges Nord/Sud. Cependant la libéralisation des échanges avec la baisse des droits de douane encouragée par le GATT profite aux NPIA (les 4 dragons) dont la croissance est spectaculaire tout comme l’enrichissement des pays pétroliers ; par contre de nombreux PED sont surendettés (financement du développement, facture pétrolière).

3. Le discrédit des institutions économiques internationales dans les années 80
Les institutions financières. Dans les années 1980, les PED sont incapables de rembourser leurs emprunts et font alors appel au F.M.I. et à la Banque Mondiale qui leur imposent des politiques de rigueur d’inspiration néolibérale (privatisation des entreprises d’État, réduction des dépenses publiques, lutte contre la corruption et la fraude fiscale) et l’ouverture de leur économie (dévaluation de la monnaie pour faciliter les exportations).
Dans le domaine commercial. Le G.A.T.T. ne peut empêcher les États d’adopter des mesures protectionnistes (quotas) car il ne dispose pas de sanction. Les PID les utilisent pour se protéger de la concurrence des pays en développement. De plus, le G.A.T.T. ne s’occupe que de l’industrie. Les produits agricoles et les services lui échappent.

II. A la recherche d’une gouvernance économique mondiale depuis 1991

1. L’accélération du libre-échange : mondialisation et régionalisation
De la mondialisation... Sous l’impulsion de l’hyperpuissance états-unienne, capitalisme et néolibéralisme s’imposent et la mondialisation s’accélère. En 1995 l’OMC remplace le GATT : elle élargit le libre-échange aux produits agricoles et aux services ; elle règle les litiges et sanctionne les contrevenants. Cependant cette gouvernance économique mondiale reste fragile : les négociations sont longues et difficiles à cause de l’opposition entre pays riches et émergents et les PED manquent de moyens pour faire valoir leurs droits.
...A la régionalisation. Les organisations régionales s’affirment donc avec la création de l’A.L.E.N.A. en Amérique du Nord et du MERCOSUR en Amérique latine et le renforcement de l’UE par le traité de Maastricht et la mise en circulation de l’euro. Elles développent le libre-échange mais à leur échelle et freinent la mondialisation.

2. L’affirmation de nouveaux acteurs dans les années 2000
L’affirmation des émergents. En 1998 la Russie intègre le G7 qui devient le G8 puis le G20 en 1999 avec l’intégration des émergents. Il organise des sommets informels avec ses chefs d’État et s’affirme comme nouveau lieu de gouvernance économique.
L’essor des acteurs non étatiques. Les réunions annuelles du Forum Économique Mondial de Davos (Suisse) permet aux décideurs économiques que sont les PDG de FTN de discuter de leur stratégie mondiale et d’y sensibiliser les hommes politiques invités. En réaction les altermondialistes, qui critiquent les excès de la mondialisation libérale, proposent des voies alternatives et organisent un Forum Social Mondial concurrent.
Une mondialisation + durable ? Des normes environnementales s’imposent (protocole de Kyoto 1992-2005) même si les émergents ont peur que cet effort ne ralentisse leur croissance. La communauté internationale se fixe aussi comme objectif socio-éco de réduire la pauvreté et de permettre l’accès aux soins pour tous (UN Millenium Goals)

3. L’urgence d’une meilleure gouvernance mondiale depuis les années 2010
La crise de 2008 : le dérèglement du système. La crise débute aux États-Unis car des banques sont ruinées par l’incapacité des ménages à rembourser leurs prêts immobiliers entraînant la défiance des investisseurs et la fuite des capitaux et la chute de la croissance. La crise devient mondiale et s’aggrave à partir de 2010 parce que certains pays développés sont surendettés.
De meilleures règles internationales pour encadrer la mondialisation ? Sous l’impulsion des États, les grands acteurs internationaux prennent conscience des excès de de la mondialisation. En 2009 le sommet du G20 décide de renforcer la régulation financière. En 2010, FMI et Banque Mondiale adoptent une meilleur représentativité des PED. Cependant un pays surendetté comme la Grèce subit une austérité imposée (FMI, BCE) et la régulation financière reste limitée (paradis fiscaux toujours là, accords de Bâle de réglementation bancaire appliqués à minima par les États-Unis).

Conclusion
Bilan : La coopération économique internationale mise en place par les États-Unis au lendemain de la Seconde guerre mondiale n’a pas résisté au crises des années 1970 et à l’émergence de nouvelles puissances. La gouvernance actuelle du monde, faite d’équilibres complexes et d’acteurs multiples, cherche toujours à limiter les excès de la mondialisation
Ouverture : => qu’en est-il à l’échelle nationale durement touchée par la mondialisation ?