HISTOIRE 3 - LES ÉCHELLES DE GOUVERNEMENT DANS LE MONDE
Leçon 1 - L’échelle de l’État-nation : gouverner la France depuis 1946

Introduction
Cerner: Qui? Quoi? Quand? Où? L’État, constitué du gouvernement et de l’administration, occupe une place centrale en France. Dans le monde de l’après-guerre il s’agit de restaurer la république, favoriser la croissance et unir la nation, cependant on est loin du monde actuel.
Problématiser : COMMENT LE RÔLE DE ’ÉTAT S’EST-IL MODIFIÉ, ADAPTÉ ET TRANSFORMÉ ?
Annoncer le plan :

I. L’État renforcé 1945-années 1980

1. Un État qui se stabilise
La réforme institutionnelle 1958-1962 : un président plus fort.
- La IVe République est un régime parlementaire déséquilibré (législatif fort) ; fragilisée par une forte instabilité ministérielle, elle ne résiste pas à la guerre d’Algérie.
- De Gaulle met en place la Ve République, un régime semi-présidentiel (exécutif fort) qui renforce les pouvoirs du président (constitution de 1958 et élection directe en 1962).
La modernisation de l’État : une administration plus efficace.
- La haute fonction publique se démocratise avec la fondation de l’ENA (École nationale d’administration) et de l’IEP (Institut des Sciences Politiques) en 1945 ;
- Ces hauts fonctionnaires garantissent la continuité de l’action publique quels que soient les aléas politiques (changement de majorité et donc de gouvernement).

2. Un État qui étend son champ d’action
De l’interventionniste économique
- Il oriente l’économie par une planification indicative et les nationalisations qui lui donne le contrôle des secteurs bancaires et de l’énergie (10% des actifs)..
- Il aménage le territoire par des travaux d’infrastructures (autoroutes, téléphone) et de grands projets industriels (nucléaire, TGV) ou touristiques (balnéaire en L-R).
Aux nouvelles missions sociales et culturelles.
- Il devient un État-Providence : la Sécurité sociale couvre les grands risques (maladie, vieillesse, chômage) pour mieux répartir les fruits de la croissance (et la stimuler).
- Sa volonté de démocratiser l’accès à l’instruction et à la culture entraine un meilleur accès au collège ainsi que la création de Maisons de la culture (Malraux 1959) et de grands projets (Beaubourg Pompidou, Orsay VGE).

3. Face à l’émergence d’une nouvelle opinion publique
Un contrôle de l’audiovisuel.
- L’’audiovisuel public est surveillé de près voire censuré (guerre d’Algérie). => de Gaulle, fort de son image d’homme providentiel, bénéficie du soutien de l’opinion publique.
Qui n’empêche pas la critique.
- L’opposition s’exprime dans la presse grâce au journalisme d’investigation et par les radios périphériques (RTL, RMC) ou privées (Europe 1).
- Elle se révolte en mai 1968 où la jeune génération manifeste son désir de liberté d’expression, de changement social (droit des femmes) et politique (plus proche du citoyen).

II. Les mutations de la gouvernance depuis les années 1980

1. Le désengagement de l’État ?
Le recul de l’État
- Une politique plus libérale face à la faible croissance (1970s) et à la mondialisation (1980s), l’État choisit une politique de désengagement économique : privatisation des entreprises nationalisées, réduction des dépenses publiques en réorganisant l’administration et réduisant les effectifs depuis 2007 (RGPP réforme gale des politiques pb).
- De nouvelles échelles de gouvernement infra- et supranationales (par le bas, par le haut). L’État transfère certaines de ses compétences aux collectivités territoriales par les lois de décentralisation de 1982 et 2004 mais aussi à l’UE en 1992 quand il signe le traité de Maastricht qui en renforce l’intégration politique et économique.
Mais des missions qui s’adaptent .
- Sensibilisé au DD, l’État s’approprie de nouvelles missions environnementales. Pour réduire la fracture sociale, l’État providence s’élargit aux exclus (CMU 1999 et RSA 2009) et démocratise l’accès au lycée.
- L’État poursuit une politique culturelle de proximité (fête de la musique 1982) et de prestige (Grand Louvre Mitterrand, musée Branly Chirac). Depuis 2007 avec le Grand Paris de Sarkozy, cette dernière se réoriente sur l’économique pour attirer les IDE.

2. La remise en cause du politique
Une perte de repères.
- Depuis 1981, l’alternance politique et les cohabitations (1986-88 Mitterrand-Chirac, 1993-95 idem-Balladur, 1997-2002 Chirac-Jospin) brouille la différence droite-gauche d’autant plus que leur politique plus ou moins libérale gomme les différences idéologiques.
- Elle se manifeste par la montée de l’abstention électorale et des extrêmes (FN et Front de gauche).
- La réforme du quinquennat en 2000 accélère le rythme de la vie politique (court-terme) marquée par la pression des media et des sondages.
Une démocratie d’opinion ?
- La libéralisation des media permet une plus grande expression de l’opinion publique. Le PAF explose avec la multiplication des radios libres (1981) et des chaines de télévision privées (1986). La révolution internet (blogs et réseaux sociaux) accélère la crise/mutation de la presse. Les sondages se multiplient, se banalisent et influencent l’action politique.
- Mais contribue à la «people-isation» de la vie politique. Les politiques cherchent plus à séduire qu’à contrôler l’opinion en utilisant les NTIC et les communicants pour projeter une nouvelle image (publique & privée) avec ± de succès cf l’« hyperprésidence bling bling » de Sarkozy ou la présidence « normale » de Hollande.

Conclusion
Bilan : 1946 à nos jours, période de mutation profonde de l’État qui s’adapte à des exigences différentes et marque le passage de la primauté du politique à celle de l’économique.
Ouverture sur l’UE : qu’a-t-elle fait de ce transfert de pvrs, est-elle plus aisée à gouverner ?