GÉO 3 - DYNAMIQUES RÉGIONALES DE GRANDES AIRES CONTINENTALES
2. L’Afrique : les défis du développement

Leçon - Le continent africain face au développement et à la mondialisation

Introduction
Cerner: Quand? Dans un contexte de concurrence mondialisée Qui? les 57 pays Où? du continent africain Quoi? veulent sortir du mal-développement (et des clichés misérabilistes) et devenir acteurs de la mondialisation
Définir: développement et mondialisation
Problématiser : COMMENT L’AFRIQUE PEUT-ELLE RÉUSSIR SON DVPT ET SON INSERT° DANS LA MONDIALISAT° ?
Annoncer le plan :

I. Une Afrique en grande difficulté

1. Une mondialisation subie
Une faible insertion dans les flux : L'Afrique compte pour 1% de la production mondiale et représente presque 3% des échanges mondiaux Les IDE émanant de ses FTN atteignent à peine 2% du stock mondial.
L’enclavement prédomine avec des équipements portuaires ponctuels et des réseaux de transport souvent déficients. Lagos (Nigeria) et le Caire (Égypte), les plus grandes villes, sont bien connectées mais seule Johannesburg (Afrique du Sud) est une ville mondiale.
Des échanges déséquilibrés : 80% de ses exportations sont des matières premières
=> révèle sa richesse MS aussi le manque de transformation et donc de valeur ajoutée.
+ faibles revenus car prix instable, contrôle de FTN étrangères ou d’élites corrompues.

2. Un continent en mal-développement
Les indicateurs économiques montrent un retard de développement certain : avec un PIB égal à celui de Tokyo, les revenus par habitant sont les + bas et la pauvreté monétaire la plus élevée avec 390 millions de pauvres vivant avec moins de 1,25$ / jour en 2008. => importance du secteur informel (activités de l'économie populaire non déclarée).
Tout comme ceux du développement humain (IDH). C’est le continent à la + faible espérance de vie (57 ans) à cause de services de santé lacunaires et de l’insécurité alimentaire (la + élevée au monde). Tous les Africains n’ont pas accès à l'école d’où un fort analphabétisme (160 millions d'adultes).=> De fait, elle concentre 33 des 48 pays les moins avancés (PMA).

3. Un continent déstabilisé instable
Les conflits affectent + de 20 % des Africains. Les luttes de pouvoir et de contrôle des richesses, de territoires se développent sur fond de misère voire de tensions ethniques. Piraterie et trafics (armes, drogue) sont en plein essor.
Les conséquences sont dramatiques : des générations entières d’enfants-soldats, la famine notamment dans la Corne de l’Afrique et l’exode des populations (continent avec le plus de déplacés et de réfugiés au monde).
S’y ajoutent les carences de l’État : Très souvent corrompu, l’État est trop faible pour réglementer le marché ou autoritaire confisquant les richesses (= économie de rente : dépendant d’exportation de matières premières au profit des classes privilégiées).

II. Une Afrique en plein décollage la nouvelle frontière de la mondialisation

1. Un continent aux nombreux atouts
Ses richesses naturelles redeviennent un enjeu (hausse des prix, rareté) L'Afrique détient 80% des réserves de terres arables, très recherchées des pays déficitaires, et un tiers des réserves de minerais : précieux, 78% du platine et 57% des diamants, ou stratégique, 22% de l'uranium et le coltan, indispensable aux hautes technologies civiles et militaires. Ses gisements d’hydrocarbures sont aussi un atout.
Sa vitalité démographique est aussi un atout. Sa population à forte croissance, nombreuse et jeune lui permet de disposer d’une main d’œuvre abondante et bon marché à la grande capacité d’adaptation même si elle a besoin de formation. L’essor de sa classe moyenne de 1/4 à 1/3 de la population en 2010 multiplie les consommateurs potentiels.

2. Une meilleure intégration économique
Une plus grande insertion mondiale. Les IDE ont atteint des records et les échanges progressent avec les États-Unis (un quart de leur approvisionnement pétrolier en 2025) et surtout les émergents : Chine, Inde, Brésil et plus récemment Turquie. La connectivité s’améliore avec la modernisation des ports de Tanger (Maroc) à Mombassa (Kenya) et surtout la progression foudroyante de la téléphonie mobile.
De nouveaux partenaires. Premier partenaire commercial de l’Afrique depuis 2010, la Chine est présente dans les quarante pays de la « Chinafrique » par le biais de délocalisation industrielle, de construction d’infrastructures de transport et d’achat de terres ou land grabbing (achat de terres des pays pauvres). L’Inde fait une percée récente en Afrique orientale et australe « Indafrique » en investissant dans les cultures d’exportation, les d’infrastructures électriques ou en coopérant sur les projets high-tech.

3. Une croissance prometteuse
De réels progrès : La forte demande des puissances émergentes et les besoins en pétrole des États-Unis ont initié une croissance forte, 6% par an, jusqu'à la crise financière de 2008 à laquelle le continent a plutôt bien résisté. En témoigne les records de 7,5% au Nigéria ou 8,5% en Côte d’Ivoire.
La réussite des « Lions africains » : Afrique du Sud, Nigeria, Algérie, Maroc, Égypte, Angola (de 4 à 10 selon les sources) ont bénéficié de l’effet d’entrainement généré par l’émergence de l’Afrique du Sud et la proximité de l’Europe. Ils fournissent 60% du PIB total de l’Afrique en 2011 et leur croissance est forte. Leurs secteurs industriel et tertiaire se sont développés et leurs FTN se sont affirmées (Sasol, géant énergétique et Vodacom dans les télécom en Afrique du Sud, Orascom dans les télécom en Égypte).

III. Des défis majeurs encore à relever

1. Améliorer les conditions de vie de la population
Maîtriser l’explosion démographie et urbaine : Depuis 1950, la population a été multipliée par 4,5 et son taux de croissance (2,7% par an) reste le plus élevé du monde par manque d’instruction et le faible recours aux contraceptifs. L’explosion urbaine est alimentée par un fort exode rural qui provoque étalement urbain anarchique (bidonvilles) et pollutions (déchets)
Subvenir aux besoins de la population : L’accès à la sécurité alimentaire et à l’eau potable reste prioritaire. L’Afrique n’a pas fait sa Révolution verte (intrants chimiques, mécanisation, irrigation) : intensification et extensification sont encore ponctuelles et la question de la révolution doublement verte reste posée.
Préserver l’environnement : La déforestation (plus vite qu’en Amazonie) et la désertification (dans le Sahel) progressent. Les mauvaises pratiques des FTN dans l’exploitation des matières premières génèrent de nombreuses pollutions (7 000 marées noires dans le delta du Niger entre 1970 et 2000) voire épuisement des ressources (pèche industrielle en Atlantique)

2. Restaurer la crédibilité des États
Une meilleure gouvernance : Les régimes autoritaires et l’économie de rente restent prédominants. La démocratie a progressé à l’ouest (Sénégal, Ghana, Libéria) mais en Afrique du Nord, le printemps arabe ne produit pas tous les effets escomptés. Partout une nouvelle génération d’entrepreneurs s’affirme. On est encore loin d’avoir des États développementistes, notion récente mise en avant par l'ONU pour caractériser un État qui pourrait favoriser un développement durable et équitable.
Plus d’unité face à la mondialisation : La concurrence a accentué la division de l'Afrique. Elle doit créer des organisations régionales efficaces : l’Union africaine est surtout un forum politique et la SADC autour de l’Afrique du Sud n’a pas eu l’intégration escomptée. L’unité continentale est aussi essentielle pour mieux faire valoir ses intérêts lors des négociations de l’OMC où elle proteste notamment contre le maintien par les EU de subventions agricoles données à leurs producteurs de coton.

Conclusion
Bilan : L’Afrique est encore un continent marqué par le mal-développement et les difficultés d’insertion dans la mondialisation. Cependant elle dispose de nombreux atouts naturels et humains qui en font une nouvelle frontière de la mondialisation qu’elle ne parviendra à maîtriser au profit d’un développement durable que si les Africains agissent à cet effet.
Ouverture : => quel futur pour les PMA d’Asie ?