GÉO 3 - DYNAMIQUES RÉGIONALES DE GRANDES AIRES CONTINENTALES
2. L’Afrique : les défis du développement

Étude de cas - Le Sahara : ressources, conflits

Introduction
Cerner: Où? bande désertique qui traverse l’Afrique de part et d'autre du tropique du cancerQui? faible peuplement partagé entre 10 États est Quand? depuis 50 ans Quoi? l’objet de convoitises du fait des importantes ressources naturelles dont il dispose
Problématiser : EN QUOI LE DYNAMISME PARADOXAL DU SAHARA SUSCITE-T-IL DES TENSIONS ?
Annoncer le plan :

I. Un espace contraignant mais riche en ressources

1. Un milieu extrême
Erg ou reg marqué par de fortes contraintes climatiques : l'aridité (forte insuffisance de précipitations) est la plus marquée en son cœur (Tamanrasset 58 mm/an) mais les maximum restent très faibles (pluies d’été au Sud 100-200 mm/an) et l'amplitude thermique forte (maximum diurne 57,8° El Aziza Libye, minimum nocturne -7° Tamanrasset Algérie)

2. Mais d’importantes ressources
La richesse du sous-sol : Il s’agit essentiellement des hydrocarbures (Algérie, Libye, Égypte), des minerais (fer en Mauritanie, uranium au Niger, phosphates en Tunisie et au Maroc….), de vaste nappes aquifères qui permettent le développement d’une agriculture de subsistance voire de marché. C'est pourquoi on qualifie parfois le Sahara de front pionnier agricole.
Le potentiel touristique : Le désert attire et invite à l'aventure (paysages, peintures rupestres, personne pour faire chier sauf les dromadaires). Mais les récentes prises d'otages par des groupes terroristes, transformant l'aventure en cauchemar, ont largement freiné cette activité prometteuse.

3. => Un désert en voie de peuplement ?
Un désert humain La moitié des 12 millions d’habitants (1.4 hab/km²) se concentre dans la vallée du Nil seul foyer de peuplement majeur et ancien. Ailleurs la population vit dans les oasis au cœur d’un espace vide où circulent quelques groupes nomades.
Mais un essor urbain La population a triplé en 50 ans entrainant le développement des villes existantes (surtout dans le Sahara algérien) et la création de villes nouvelles comme Nouakchott en Mauritanie.

II. Un espace de circulation malgré la fragmentation politique

1. Un espace fragmenté mais de mieux en mieux intégré
Un espace approprié par des états : Le Sahara s'étale sur dix États indépendants (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Soudan, Tchad, Niger, Mali) qui veulent l'intégrer à leur territoire national pour mieux le contrôler (stratégie), accroître les productions (économie), ou rééquilibrer le peuplement (démographie).
Un espace mieux maîtrisé : Les infrastructures se sont améliorées et multipliées : routes, voies ferrées, aéroports. Les routes transsahariennes surtout Nord-Sud joue un rôle majeur dans le développement en ouvrant l'économie saharienne aux marchés.

2. => Un espace traversé par des flux croissants
L’intensification des flux depuis les années 1990, du centre vers l’extérieur ou transsahariens causés par les écarts de densité, de développement et de réglementation entre Maghreb et Sahel.
Les échanges concernent essentiellement des biens manufacturés, des produits alimentaires ou du carburant en provenance du Nord ; des produits agricoles ou de contrebande venant du sud.
Les migrations concernent des travailleurs vers les sites d’exploitation et les réfugiés du Sahel et de Libye vers leurs voisins plus stables. S’y ajoutent des migrants subsahariens en transit vers le littoral, voire clandestinement vers l’Europe.

III. Un espace convoité et instable

1. Les tensions liées aux ressources
La convoitise des FTN étrangères (États-Unis, UE, Chine...) accusées de piller les ressources au détriment du développement des populations locales (Areva au Niger) => faibles retombées économiques, destruction environnementale.
Les conflits d'usage existent aussi, notamment liés à l'eau : entre irrigation traditionnelle et moderne, entre pasteurs nomades et agriculteurs sédentaires au Sahel.

2. Un espace de « l’arc des crises »
Même si le Nord a été déstabilisé par les printemps arabes de 2011 (guerre civile en Libye) la frange sahélienne est la plus instable car les populations sont souvent des ethnies minoritaires confrontées à l’avancée du désert à l’extrême pauvreté qui se sentent oubliées de l’État central dont le centre est loin du désert.
=> rébellions comme celle des nomades touaregs au Mali et au Niger, voire guerre civile au Soudan entre le nord et le sud qui obtient son indépendance en 2011 et implantations terroristes islamistes dont le plus actif aujourd'hui est AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique) au Mali. Il est financé par les rançons de touristes, les trafics illicites (drogues) ou le racket des migrants transsahariens. Il se manifeste par des attentats voire par l’offensive territoriale au nord Mali en 2012 entrainant l’intervention des armées malienne et française.

Conclusion
Bilan : Le Sahara, inégalement développé entre Nord et sud, est devenu un espace peuplé, urbanisé et très convoité représentatif d'une Afrique qui change. Mais aussi espace conflictuel surtout depuis les années 1990 sur fond de migrations internationales, de convoitise pétrolière et de montée de l’islamisme.
Ouverture : question des défis de l’Afrique face au développement et à la mondialisation