GÉO 3 - DYNAMIQUES RÉGIONALES DE GRANDES AIRES CONTINENTALES
1. L’Amérique : puissance du Nord, affirmation du Sud

L1 - Le continent américain entre tensions et intégrations régionales

Introduction
Cerner: Où? Vaste continent américain Qui? que se partagent plus de 40 États Quoi? au développement inégal ce qui peut causer des tensions alors que la tendance actuelle est au rapprochement Quand? dans un contexte de mondialisation
Problématiser : QUELLE TENDANCE PRÉDOMINE : TENSION OU INTÉGRATION ?
Annoncer le plan :

I. Un continent américain aux multiples contrastes

1. Le continent le plus métissé
Un continent européanisé La culture européenne issue de la colonisation domine : prédominance de l’anglais et du protestantisme au nord, de l’espagnol, du portugais et du catholicisme au sud. MAIS opposition à l’Europe => La décolonisation est précoce (tournant XIXe). Certains pays (Bolivie, Mexique) réaffirment leur identité amérindienne et la culture noire, héritée des esclaves qui ont remplacé les Amérindiens décimés par les colonisateurs, imprègne musique et religion.
Un continent américanisé L’américanisation des modes de vie est de plus en plus marquée même si elle rencontre des résistances (Venezuela ou Brésil) MAIS l’hispanisation est forte au sud des États-Unis (Californie, Texas).

2. Le continent le plus marqué par les inégalités
Des inégalités de développement : entre le Nord développé (IDH > 0,9) et les Suds diversifiés (de 0,45 pour Haïti à plus de 0,8 pour le Chili), et d’intégration à la mondialisation : entre les espaces intégrés (littoral, métropole, CBD) et les périphéries délaissées (intérieur du continent, espace rural).
Malgré les progrès de l’Amérique latine où la croissance économique et la hausse du prix des matières 1ères ont permis le recul de la pauvreté (40% fin 20e, 33% début 21e) et l’émergence du Brésil, et des jaguars (Argentine, Mexique et Chili) et leur intégration au G20.

II. Des tensions limitées mais réelles

1. Une présence états-unienne contestée
L’impérialisme des États-Unis Depuis la doctrine Monroe de 1823, les États-Unis considèrent l’Amérique latine comme leur « arrière-cours », ce qui justifie ses interventions économiques voire militaires. Elles se sont multipliées pendant la GF où l’endiguement a souvent signifié le soutien aux dictatures militaires mais s’apaisent maintenant 2015 normalisation des relations avec Cuba. 
=> Division de l’Amérique latine entre les pays d’inspiration libérale + proches des États-Unis (Colombie) et les régimes socialistes (Brésil, Bolivie) ± proche de Cuba et antiaméricains (Cuba, Venezuela). Apaisement aussi avec la fin de la GF et le fait que ni Castro ni Chavez ne sont encore au pouvoir.

2. Un continent pacifié mais violent
Des différends frontalières (interétatiques) en déclin : le dernier conflit interétatique remonte à 1995 (Équateur-Pérou) mais les ZEE sont à l’origine de nombreuses tensions économiques (pêche et hydrocarbures) ex. Colombie-Venezuela. De plus, les États-Unis ont fermé leur frontière avec le Mexique pour freiner l’immigration clandestine (mur, patrouille, drones) -mais reste interface économique intense.
De violents conflits internes (intraétatique) : L’exploitation des fronts pionniers de l’Amazonie et du Grand Nord provoque de nombreux conflits avec les Amérindiens, plus marginalisés en Amérique latine qu’au Canada. Inégalités sociales et trafics (drogue, armes, migrants) génèrent parfois un climat de guerre ; entre gangs dans les ghettos ou les bidonvilles, contre les narcotrafiquants au Mexique, en Colombie. => grande violence urbaine (émeutes, zones de non-droit).

III. Une intégration difficile et donc limitée

1. Le succès des 2 grandes associations économiques concurrentes
L’ALENA dominée par les États-Unis : accord de libre échange avec Canada, Mexique en 1994 qui a entrainé la hausse des flux de marchandises et de capitaux entre les trois États et la croissance de leurs économies respectives. Cependant il a renforcé la dépendance du Canada et du Mexique vis à vis des États-Unis. Les États-Unis veulent l’étendre au continent avec la ZLEA, (Zone de libre-échange des Amériques) créée en 1995 mais rejetée par l’Amérique latine par méfiance
Le Mercosur dominé par le Brésil : libre-échange et union douanière avec le Paraguay et l’Uruguay en 1991. Il a permis l’essor des échanges et a amorcé une division internationale du travail entre pays membres. Il est au cœur de l’intégration sud-américaine puisque le Venezuela et l’Argentine le rejoigne (Bolivie en cours) et qu’il s’associe avec la Communauté Andine des Nations (CAN) en 2004 pour devenir l’UNASUR l’union des nations sud-américaines en 2008.

2. Une multitude d’associations secondaires qui cristallisent les divisions
Les tentatives d’intégration économique dans les Caraïbes et en Amérique centrale ont des résultats médiocres car dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Une intégration politique inexistante : L'ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples d’Amérique, 8 pays, 2013) ne fonctionne qu’entre Venezuela et Cuba. La CELAC (Communauté des États latino-américains et des Caraïbes, 2011) n’est qu’un forum de discussion sans réel povoir

Conclusion
Bilan : Continent neuf et métissé au développement contrasté, le continent américain est traversé de nombreuses tensions exacerbées par la domination des États-Unis qui a su intégrer le nord mais auquel s’oppose l’intégration du sud promue par le Brésil.
Ouverture : intégration éco indispensable avec mondialisation et l’intégration politique