GÉO 2 - LES DYNAMIQUES DE LA MONDIALISATION

Leçon 1 - La mondialisation en fonctionnement : acteurs, flux, débats

Introduction
Cerner: Quand? Surtout depuis les années 1990, Quoi? la mondialisation est le fait Qui? d’acteurs qui favorisent l’accélération des échanges (des flux) Où? et la mise en réseau du monde ou la remettent en cause
Définir: mondialisation : interdépendance hiérarchisée du monde par l’accélération des flux
Problématiser : Comment la mondialisation fonctionne-t-elle ?
Annoncer le plan :

I. Des acteurs en recomposition

1. Les FTN (acteurs privés), toujours les moteurs de la mondialisation
FTN : entreprise exerçant son activité dans au moins 6 pays par l’intermédiaire de filiales.
Responsables de la DIT (division internationale du travail), la spécialisation des territoires selon leurs avantages comparatifs : gardent ancrage national pour les fonctions stratégiques (commandement, conception) mais délocalisent la production dans des pays selon leurs avantages économiques (coût de la main d’œuvre), financiers (défiscalisation) et politiques (stabilité).

2. Les états (acteurs publics), un rôle toujours important
Les plus puissants incitent les FTN étrangères à investir (dérégulation, avantages fiscaux) et/ou protègent certains secteurs nationaux (subventions, normes différentes) ; défendent les intérêts de leurs FTN à l’étranger (voyages diplomatiques avec grands patrons et signatures de contrats).
Associés en organisations internationales. A l‘échelle mondiale, OMC et FMI prônent le libre-échange et la dérégulation. Comme les négociations de l’OMC sont longues et que le FMI est discrédité, les États ont créé des organisations régionales (ALENA, UE ou négociations TAFTA en cours EU-/UE) ou des sommets informels (G8 puis G20)

3. Des ONG de plus en plus écoutées
Acteurs de la société civile, les ONG ont un nombre et un rôle croissant d’aide et de solidarité transnationales (Croix rouge, Greenpeace, Amnesty international…).
Leur maîtrise des NTIC (informatique, internet) et leur impact médiatique pousse les États et les FTN à les considérer comme des acteurs à part entière de la mondialisation

II. L’explosion des flux mondiaux

1. Les facteurs majeurs
La révolution logistique : La conteneurisation permet un transport en masse accéléré à moindre coût mais polarisé par 15 États dotés de hubs multimodaux maritimes adaptés (cf façades maritimes)
La révolution numérique : L’essor des NTIC permet une connexion instantanée, de + en + lointaine et de - en - coûteuse. La diffusion de l’information devient primordiale : on parle d’ère, d’économie de l’information.

2. L’accélération des échanges
L’intensification des flux commerciaux, tant de biens (produit manufacturés en hausse 50% / matières premières 30%) et de services (tourisme, transport, finance, culture 20%). Ils restent très polarisés avec 15 États qui réalisent 75% du commerce mondial (Chine en tête avec 20%).
Une mondialisation devenue financière. Les flux de capitaux sont en pleine explosion dans un marché mondial qui joue sur les différences de fuseau horaire et de valeurs entre places boursières (Wall Street New York dominante, Londres, Tokyo, Shanghai, Paris, Hong Kong) mais aussi vers les paradis fiscaux (surtout dans les Carabes)

3. La mobilité croissante des hommes
Le tourisme international, la première forme de mobilité dans le monde avec plus d’un milliard de touristes. Favorisée par l’essor du transport aérien et l’élévation du niveau de vie donc touche essentiellement les Nords mais forte croissance des émergents
Les migrations internationales ont doublé depuis 1975 : Aujourd’hui plus de 200 millions de travailleurs migrants qui se déplacent vers un espace plus développé (S/N mais aussi S/S et N/N) mais aussi réfugiés politiques (10 millions) ou climatiques en forte croissance et estimé à 200 millions d’ici 2050.

III. La mondialisation en débat

1. Les altermondialistes : une alternative à la mondialisation libérale ?
De nombreuses critiques : dénonciation des coûts sociaux (exploitation de la main d’œuvre du Sud et chômage dans le Nord), culturels (américanisation, disneylandisation) et environnementaux (réchauffement climatique par les kilomètres alimentaires)
La promotion de modèles alternatifs plus durables : la décroissance, l’économie sociale et solidaire (micro-crédit, commerce équitable), le respect de l’environnement par l’économie circulaire (recyclage), l’approvisionnement local (moins de transport)

2. => Une meilleure gouvernance ?
La Responsabilité Sociale ou Sociétale des Entreprises (RSE) : meilleures pratiques sociales et environnementales pour améliorer l’image et maintenir les profits. Les critiques restent vives surtout vis-à-vis des spéculateurs financiers responsables de la crise de 2008. .
Le retour de l’État ? par la démondialisation, pour limiter le libre-échange, à travers la relocalisation de la production et des emplois et le retour à un protectionnisme ciblé via des droits de douane ou la demande de contrôle démocratique sur les marchés financiers (taxe Tobin, normes bancaires)

Conclusion
Bilan : une mise en relation d’acteurs privés, publics et civils => une mobilité sans précédent (flux matériels, immatériels mais aussi humain) + une remise en cause des ses excès.
Ouverture : Processus d’intégration mais aussi de marginalisation qui pose la question des inégalités spatiales, territoriales.