GÉO 3 - DYNAMIQUES RÉGIONALES DE GRANDES AIRES CONTINENTALES
3. L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance

Etude de cas - L’Asie du Sud et de l’Est : défis de population et de croissance (2h)

Introduction :
Mumbai (Bombay) s’affirme comme la capitale économique et culturelle de l’Inde. Elle incarne la modernité de ce grand pays émergent (BRICS). La croissance éco de cette mégapole de près de 21 millions d’habitants se reflète dans son organisation spatiale. Mais cette ville riche d’un pays en développement souffre aussi d’importantes inégalités et des problèmes classiques de logement, d’eau… qui peuvent freiner son ascension.
En quoi le cas de Mumbai est-il révélateur à la fois du dynamisme économique de l’Asie du Sud et de l’Est et des profondes inégalités qui affectent cet espace ?

I. La modernité d’une métropole mondiale.

1. La plus grande métropole indienne.
Question 1. Mumbai est une métropole majeure en Inde par le poids de ses activités de production et par ses fonctions métropolitaines regroupées dans le CBD du centre historique de l’« Island City » et qui s’étendent dans de nouveaux quartiers d’affaires, principalement le Bandra Kurla Complex (BKC). Les prix de l’immobilier traduisent cette émergence avec un niveau de prix proche des grandes métropoles des pays développés.

2. Une ville insérée dans la mondialisation.
Question 2. L’insertion dans la mondialisation se traduit par l’importance des fonctions de commandement, des fonctions financières et des sièges sociaux des grandes entreprises.
Une spécificité tient à l’importance dans le monde de la production cinématographique indienne (« Bollywood ») dont Mumbai est la capitale (exemple du film « Dhobi ghat » sur la vie d’un habitant d’un bidonville de Mumbai qui rêve de gloire à Bollywood). En 2010, l’Inde a produit 1274 films (les États-Unis : 754, la France : 251).
La métropole multiplie les aménagements pour assumer ce statut : création d’un nouveau centre d’affaires, d’une ville nouvelle « Navi-Mumbai », de nouvelles infrastructures maritimes et aériennes (en projet) améliorant son accessibilité. Cela se traduit, au niveau du mode de vie urbain des quartiers d’affaires, par la tenue d’événements internationaux (ici un festival cinématographique), ou la présence de grands hôtels et centres commerciaux.

3. Une importante extension spatiale.
Question 3. Une déconcentration spatiale accompagne la modernisation de Mumbai avec l’implantation des nouvelles activités au Nord de la ville ancienne (BKC ; Oshiwara CD ; zone franche), à l’Est dans la ville nouvelle (nouveau port, nouvel aéroport) et dans les villes de la région métropolitaine en général.

II. Les inégalités sociales et spatiales.

1. Un développement humain très inégal dans la ville.
Question 1. Les inégalités sociales demeurent très fortes à Mumbai : les chiffres de l’IDH varient de plus du simple au double entre les différentes parties de la municipalité. Plus d’un habitant sur deux habite dans un slum mais la ville abrite aussi une minorité de riches, en particulier dans sa partie Sud (Tardeo) et sur les collines de l’Ouest dominant la mer d’Oman (Malabar Hill). Entre ces extrêmes, l’émergence d’une classe moyenne se traduit par une offre commerciale d’enseignes présentes dans les grandes métropoles ciblant cette nouvelle clientèle (ici des chaînes de diamantaires).

2. D’importantes ségrégations urbaines.
Question 2. Le logement rend compte des inégalités sociales dans le paysage urbain. Des tours de résidences de haut standing ont été édifiées (symbole de la tour Antilia), et la ville demeure également le lieu de la plus grande concentration de slums du pays qui sont présents dans de très nombreux quartiers. Le luxe et la grande misère cohabitent donc (Dharavi et Bandra Kurla Complex par exemple).

III. De grands défis d’aménagement.

1. Les acteurs du changement à Mumbai.
Question 1. Les acteurs de l’aménagement de Mumbai sont multiples : les acteurs publics représentent l’emboîtement des échelles de gestion de l’espace (dirigeants de la Municipalité, agence à l’échelle de la région métropolitaine– MMRDA –, dirigeants de l’État du Maharastra). S’y ajoutent des acteurs privés (promoteurs immobiliers) et des acteurs extérieurs comme la Banque mondiale qui soutient la modernisation des infrastructures.

2. La destruction des slums.
Question 2. À la simple destruction des slums a succédé une politique de rénovation qui intègre le relogement des habitants. Elle est financée par les promoteurs immobiliers qui peuvent construire sur les terrains libérés d’importantes surfaces résidentielles et tertiaires. Cette politique présente des risques pour les populations : le relogement sur site ne concerne que les propriétaires, les autres populations étant alors rejetées en périphérie de la métropole, dans des campements aux conditions encore plus précaires. Le relogement peut être dévoyé par la corruption du personnel politique et, de plus, il ne permet plus aux populations d’exercer le travail d’artisans qu’ils pratiquaient dans un bidonville.
Question 3. La disparition des slums est liée à la modernisation de Mumbai car les slums offrent des terrains très convoités pour les projets d’aménagement, par leur localisation à l’intérieur du cœur de la métropole.

3. D’importants chantiers urbains.
4. Outre la réhabilitation des bidonvilles, les aménagements majeurs de la modernisation de Mumbai concernent les transports urbains, en particulier collectifs (métro et monorail) et la création de nouveaux centres d’affaires.

Conclusion:
Mumbai possède les caractéristiques d’une métropole émergente d’une région du Sud en forte croissance. Plus encore que Shanghai, elle montre les défis d’une croissance qui ne profite pas à toute la population ; on a alors une croissance économique non partagée et donc pas de développement durable.