HISTOIRE THEME 4 - DYNAMIQUES & RUPTURES DANS LES SOCIÉTÉS, XVIIe-XVIIIe siècles
Chapitre 2 - Les Lumières et le développement des sciences

Leçon 1 - La Révolution scientifique (XVIIe-XVIIIe siècles)

Introduction.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, à la fin de l’époque moderne (XVe-XVIIIe), en Europe, les savants sont à l’origine de progrès scientifiques et techniques spectaculaires : on parle de Révolution scientifique. Comment cette Révolution scientifique transforme-t-elle l’Europe ?

1. Un nouvel esprit scientifique
•— — De meilleurs instruments. De nombreux instruments de mesure et d’observation sont crées ou améliorés : la lunette astronomique de Galilée (1609) • Point 1 - Galilée, son microscope (1624) ou celui de Robert Hooke (1665), l'assistant de Newton, s’appuient sur les progrès en optique, donc en physique dont le rôle augmente.
•— — La nouvelle démarche expérimentale. Une hypothèse doit être validée par des observations, des mesures, des expériences pour devenir une théorie. Elle est fondée sur l’expérimentation & un raisonnement qui doit s’exprimer en langage mathématique, le seul permettant de comprendre le monde • Point 1 - Galilée.

2. L’essor des sciences et des savants
—•— La révolution scientifique. De très nombreuses découvertes permettent des avancées spectaculaires dans les sciences de la vie et de la terre : en astronomie dès le XVIIe avec l’héliocentrisme • Point 1 - Galilée et la loi de gravitation universelle de Newton en 1787, en biologie ou géologie au XVIIIe siècle. De nombreuses disciplines (chimie) naissent et les scientifiques se spécialisent peu à peu.
•— — L’émergence d’une République des science. De nouveaux lieux de savoir émergent : académies, observatoires fondés par les souverains. Les universités comme celle de Padoue (enseignants : Copernic & Galilée) s’équipent en laboratoires. C’est l’essor de la République des sciences : communauté de scientifiques qui circulent, se rencontrent et échangent leurs idées, au sein de l’espace européen, dont les femmes sont exclues sauf exceptions comme • Point 2 - Emilie du Chatelet.

3. Un lent changement des mentalités
La révolution scientifique est une rupture mais sur le long terme à cause de :
•— — Les exigences de la méthode expérimentale
=> décalage possible entre théorie et expérimentation ou observation par manque d’outils mathématiques ou d’instruments de précision.
Exemple : 1ère théorie de Copernic sur héliocentrisme en 1513 mais loi loi universelle de Newton en 1687+ vulgarisation par l’Encyclopédie en France que fin XVIIIe
—•— Les freins : passé et croyance • Point 1 - Galilée
- La résistance de l’Église dès que la Bible est remise en cause directement (âge de la Terre 6000 ans basé sur la descendance d’Adam) ou indirectement (géocentrisme car Dieu a créé Terre & Adam) qui aboutissent au clash ou à l’auto-censure (Buffon 1781).
- Le poids de l’héritage antique (géocentrisme) qui fait autorité et celui des pratiques médiévales : l’astrologie est associée à l’astronomie jusqu’à la fin du XVIIIe siècle ; l’alchimie (Newton) ne devient une discipline scientifique, la chimie, qu’avec Lavoisier en 1787.

Conclusion
Pour conclure, un nouvel esprit scientifique voit le jour grâce à de meilleurs instruments rendant possible la démarche expérimentale. Il permet la révolution scientifique et l’émergence d’une République des sciences. Cependant les mentalités changent très lentement à cause des exigences de la nouvelle démarche et des freins du passé et de la croyance. Comment dans ces conditions, les mentalités ont-elles changé au XVIIIe siècle, celui des Lumières ?

• Point 1 - Galilée, symbole de la rupture scientifique du XVIIe siècle
1. Comment Galilée met-il en pratique le nouvel esprit scientifique (doc. 1 à 3) ?
Galilée fabrique lui-même de meilleurs instruments comme sa lunette astronomique (1609). Ainsi il peut observer le ciel et découvrir de nouveaux phénomènes qui servent à valider l’hypothèse de Copernic et en faire une loi théorique grâce aux mathématiques.
2. Quelle est la vision scientifique de l’univers qui fait autorité jusqu’à Copernic (doc. 4 & H2.2 L1) ? Quelle hypothèse de Copernic, Galilée a-t-il validé (doc. 2 & 4) ?
Jusqu’à la découverte de Copernic, les savants pensent que l’univers est géocentrique c’est-à-dire que la Terre est au centre de l’univers et que le soleil et les autres planètes tournent autour. En 1611, Galilée valide l’hypothèse de Copernic (1643) que toutes les planètes tournent autour du soleil (et d’elles-mêmes) qui devient le centre de l’univers : c’est que l’on appelle l’héliocentrisme.
3. Quelle est la réaction de l’Église catholique (doc.5) ? Pourquoi (doc. 5 & 4) ?
L’Église condamne d’abord l’héliocentrisme en 1616, il devient interdit de publier sur ce sujet. En 1633, elle condamne Galilée lui-même à la prison et à la pénitence et le force à se rétracter en public. L’Église considère que l’héliocentrisme est une erreur scientifique et soutient le géocentrisme pour des raisons religieuses : si Dieu a créé la Terre et Adam il n’a pu que le mettre au centre de l’univers.

• Point 2 - Émilie du Châtelet, femme de science
1. Dans quels domaines scientifiques Mme du Châtelet est-elle experte (doc. 1 & 3) ? Comment Quentin de La Tour montre-t-il qu’elle est une femme de sciences (doc. 2) ?
Madame du Châtelet est polyvalente, ses travaux concernent les mathématiques (algèbre, géométrie) et la physique (optique, astronomie où elle comprend parfaitement le raisonnement de Newton puisqu’elle le traduit et le commente).
Le peintre Quentin de la Tour la représente comme une femme de sciences en la montrant en train de travailler à son bureau en train de réfléchir à l’exercice de maths ou de physique qu’elle est en train de faire (compas dans sa main, cercles sur son cahier & orbites de planètes sur tableau en arrière-plan ?)
2. A quelles difficultés Mme du Châtelet est-elle confrontée (doc.3) ? Comment voit-on qu’elle les a surmontées et que son expertise scientifique est reconnue (doc. 1 & 3) ?
Elle est confrontée des préjugés, au sexisme de son époque : les sciences ne sont pas « à la portée des femmes » car abstraites et difficiles. Donc si elle publie des recherches « solides », c’est un homme qui les a faites d’après les « incrédules » et les « médisants ».
Heureusement, le sérieux et la qualité de ses publications postérieures la font admettre dans la « République des Sciences ». Elle est même admise en 1746 à l’Académie des Sciences de Bologne.

Leçon 2 - Les sciences au service du progrès au XVIIIe siècle

Introduction
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, à la fin de l’époque moderne (XVe-XVIIIe), en Europe, les savants souhaitent que leurs découvertes scientifiques bénéficient au plus grand nombre. Comment les appliquent-ils et les diffusent-ils ?

1. La science au service de la société
•— — L’objectif des Lumières. Les Lumières sont un mouvement fondé sur l’usage de la raison et de l’esprit critique dans tous les domaines. L’esprit des Lumières est de diffuser la lumière de la raison, de la connaissance contre les ténèbres de l’ignorance. Au même titre que la philosophie, les sciences doivent œuvrer aux progrès du monde pour le bénéfice de tous (lunettes 1728).
—•— La réhabilitation des arts techniques. Les inventeurs sont protégés par des monopoles d’inventions ou privilèges, les premiers brevets garantissant l’exclusivité d’une découverte. Les artisans rencontrent les savants dans des ateliers ou sur des chantiers et des écoles sont crées pour former au nouveau métier d’ingénieur : ces techniciens deviennent des acteurs essentiels.

2. L’essor des innovations techniques
•— — Les progrès de l’agriculture. Au milieu du XVIIIe siècle, les physiocrates s’opposent au mercantilisme : ils considèrent que la richesse d’une nation tient à son agriculture. Il faut donc améliorer les rendements grâce à la nouvelle science de l’agronomie, aux améliorations techniques (labour), et la promotion de nouvelles cultures (Parmentier pomme de terre 1769).
•— — Les innovations dans l’industrie. Les premières machines remplacent lentement les opérations manuelles dans le textile puis l'énergie hydraulique ou animale grâce à la machine à vapeur mise au point par Thomas Newcomen en 1712 puis améliorée par James Watt en 1769 qui transforme la production et les paysages.
• Point 3 - La machine à vapeur de Thomas Newcomen (1712)

3. La diffusion d’une nouvelle culture savante
—•— Un travail de vulgarisation scientifique. Les savants veulent mettre les connaissances scientifiques et techniques à la portée du plus grand nombre. L’objectif est de transmettre le savoir, de le rendre plus accessible à l’ensemble de la société (en fait surtout urbaine).
•— — Un public de plus en plus large.
Les salons comme celui de Mme Geoffrin (voir diapo H3.2L2 + H4.1L2) permettent les échanges entre élites et savants.
De nombreux ouvrages, surtout l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert et l’Histoire naturelle de Buffon, ainsi que les expériences publiques, notamment sur l’électricité ou la montgolfière, rencontrent un large public, qui peut aussi visiter les premiers jardins botaniques.

Conclusion
Pour conclure, l‘objectif des Lumières est de mettre la science au service de la société en réhabilitant les arts techniques, ce qui permettent les progrès de l’agriculture et de l’industrie. Une nouvelle culture savante touche aussi un public élargi grâce à la vulgarisation. Économie et société amorcent ainsi leur transition vers l’âge industriel du XIXe siècle.

• Point 3 - La machine à vapeur de Thomas Newcomen (1712)
1. Quel est l’usage de la vapeur dans le document 1 ?
Dans l’extraction minière, la vapeur permet de pomper l’eau de la mine grâce à la machine de Newcomen (1712) et de remonter le charbon extrait à la surface.
2. Quelle amélioration principale est apportée par James Watt en 1769 (doc.2) ? Quel impact aura-t-elle sur le document 1 ?
En 1769, la machine de James Watt permet d’actionner un volant, qui pourrait être une roue et devenir une locomotive qui remplacerait, dans le tableau, le transport du charbon par des ânes ou des chevaux par le chemin de fer.
3. Montrez que l’innovation met du temps à se diffuser (docs 1 & 2).
La diffusion d’une innovation est lente puisque le tableau date de 1792 donc de la fin du siècle et montre la machine de Newcomen conçue en 1712 et non celle de Watt faite en 1769.