HISTOIRE THEME 3 - L’ÉTAT À L’ÉPOQUE MODERNE
Chapitre 1 - L’affirmation de l’Etat dans le royaume de France

Leçon 1 - La naissance de l’Etat moderne

Introduction.
A l’époque moderne du XVe au XVIIIe siècle, l’État, c’est-à-dire l’ensemble des institutions qui gouvernent un pays, se construit progressivement en France sous l’impulsion du roi qui affirme ainsi son autorité. Comment l’Etat, et donc le roi, renforce-t-il son autorité sur le royaume ?

1. Le renforcement de la puissance militaire royale
•— — Le contrôle du royaume. Le roi soumet les grands seigneurs et intègre leur territoire au domaine royal, qui se confond avec le royaume à la fin du XVIe siècle. Il leur interdit les guerres intérieures et les armées privées : la guerre devient le monopole de la royauté.
•— — L’extension du royaume. Il s’étend par de nouvelles conquêtes au nord et à l’est et outremer avec des colonies en Amérique et des comptoirs en Afrique et en Inde au moyen d’une armée plus nombreuse, mieux organisée et à la discipline plus stricte (officiers nobles).

2. Le développement de l’administration royale
—•— Le début de la centralisation : renforcement du pouvoir central dont les décisions s’appliquent sur tout le territoire au détriment des pouvoirs locaux
• Point 1 - L’ordonnance de Villers-Cotterêts 1539
François Ier oblige l’Église à tenir des registres d’état civil et impose l’usage du français dans les actes officiels. Il veut unifier le royaume et renforcer son autorité avec une loi, une justice et une langue identiques pour le royaume, celles du roi 
•— — Le développement des agents du roi. Officiers et intendants interviennent dans tous les domaines (justice, police, finances) et notamment fiscal puisque, pour financer la guerre, le roi augmente les impôts et le nombre d’agents chargés de les collecter.

3. L’Etat et le contrôle de la religion
• Point 2 - L’édit de Nantes 1598 et sa révocation 1685
•— — L’édit de Nantes 1598 : la tolérance religieuse
En 1598, l’édit de Nantes rétablit l’autorité royale et met fin aux guerres de religion (1562-1598). Henri IV rétablit le catholicisme tout en accordant la liberté de culte et l’égalité civile aux protestants. Le roi affirme ainsi son autorité sur tout le royaume et sur tous ses sujets.
—•— L’édit de Fontainebleau (1685) : une France catholique
Louis XIV révoque l’édit de Nantes en 1685 et interdit le protestantisme parce qu’il estime qu’il n’y a plus de Protestants en France. Il veut les convertir de force par les dragonnades mais ils préfèrent partir en exil à l’étranger pour échapper à la persécution.

4. Le dirigisme économique de l’Etat à partir de 1661
• Point 3 - La politique économique de Colbert, ministre de Louis XIV
—•— Le mercantilisme selon Colbert. La puissance économique d’un État repose sur la quantité d’argent qui y circule. Il faut donc attirer l’argent en France et l’empêcher d’en sortir, ce qui entraine une forte concurrence, voire une guerre économique, entre pays d’Europe.
•— — L’interventionnisme économique. Le pouvoir royal créée des manufactures royales qui fabriquent des produits de qualité et des compagnies de commerce qui ont le monopole des échanges avec les colonies pour favoriser l’achat de produits français (protectionnisme).

Conclusion
Pour conclure, la puissance militaire du roi augmente, ce qui lui permet de soumettre et d’étendre son royaume. Il y impose son pouvoir, et celui de l’Etat, en développant son administration et en intervenant dans les affaires religieuses et économiques. Comme le pouvoir royal se renforce, on peut donc se demander comment la monarchie absolue se met en place.

Leçon 2 - La monarchie française vers l’absolutisme

Introduction
A l’époque moderne du XVe au XVIIIe siècle, le roi concentre de plus en plus de pouvoirs et gouverne de plus en plus seul : une monarchie absolue se met en place. La monarchie est un régime politique dont le chef d’état est héréditaire. Comment l’absolutisme s’impose-t-il ?

1. Une souveraineté absolue de droit divin
•— — Les bases de l’absolutisme. L’origine du pouvoir royal est divine : le roi est le « ministre de Dieu » (Bossuet) sur Terre et sa personne est sacrée. C’est pourquoi, la souveraineté du roi ne peut se partager : il détient tous les pouvoirs ; son autorité ne peut être contestée et ses sujets doivent lui obéir « sans murmure » (Bossuet).
—•— Ses limites. Cependant le roi rend des comptes à Dieu et doit respecter les lois fondamentales du royaume c’est-à-dire un ensemble de coutumes qui ne peuvent être modifiées comme l’hérédité masculine du pouvoir royal, la catholicité du roi.

2. Un pouvoir royal de plus en plus absolutiste
•— — Une mise en place progressive. L’absolutisme se développe dès le XVIe siècle sous François Ier. Il atteint son apogée au XVIIe avec Louis XIV en réaction à la Fronde (1648-1653), révolte de la noblesse et des Parlements contre l’autorité royale pendant sa minorité. 
•— — Louis XIV, l’exercice absolu du pouvoir. A partir de 1660, il gouverne seul, ministres et intendants exécutent ses ordres. Les États généraux du royaume qui conseillent le roi, notamment pour lever de nouveaux impôts, ne sont plus convoqués depuis 1614. Les Parlements perdent leur droit de remontrance (contester une loi).
=> Le roi concentre tous les pouvoirs : exécutif (pouvoir de faire appliquer la loi), législatif (pouvoir de faire la loi), judiciaire (pouvoir de faire respecter la loi)
• Point 4 - Versailles, le Roi-Soleil et la société de cour
Le château de Versailles met en scène l’absolutisme de Louis XIV qui devient un modèle admiré en Europe. En effet, Versailles célèbre la puissance du Roi Soleil qui en est le personnage central dans un décor somptueux fait pour impressionner. La vie à la cour est aussi un moyen de soumettre la noblesse en la rendant dépendante des faveurs du roi.

3. Un pouvoir contesté à partir de 1685
—•— Les critiques en Europe. Les protestants réfugiés en Angleterre ou aux Provinces Unies accusent le roi de tyrannie, de despotisme (pouvoir autoritaire, arbitraire, oppressif, sur tous ceux qui lui sont soumis. Louis XIV est aussi accusé de vouloir faire de la France la puissance dominante en Europe au prix du bien de son peuple.
•— — L’opposition en France. La guerre alimente la contestation car son financement exige toujours plus d’impôts pour combler le déficit des finances royales => le peuple appauvri et victime de pénurie alimentaire se révolte de plus en plus, les privilégiés refusent d’être soumis à l’impôt généralisé et les Parlements manifestent à nouveau leur opposition.
=> La remise en cause du modèle de la monarchie absolue. Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières défendent une monarchie au pouvoir limité et plus respectueuse des libertés. En 1748 Montesquieu recommande la séparation des pouvoirs exécutif et législatif dans son livre De l’esprit des lois.

Conclusion
Pour conclure, le roi exerce sur ses sujets une souveraineté absolue de droit divin qui a cependant des limites. L’absolutisme atteint son apogée sous Louis XIV qui exerce un pouvoir absolu et le met en scène à Versailles. Cependant il est contesté en Europe et même en France. C’est pourquoi l’absolutisme français, modèle du XVIIe, est remplacé au XVIIIe par un nouveau modèle : la monarchie limitée anglaise.